21e NUIT DES GALIANS. Votre journal "Courrier confidentiel" a remporté, ce 18 mai, le Prix de la meilleure enquête en presse écrite. Articles signés Serge Oulon.

faramaCertains signaux indiquent qu’il y a quelque chose en gestation. Me Ambroise Farama, avocat à la Cour, donne ici des indices sérieux. «Dans les semaines à venir, dit-il, nous déterminerons la forme dans laquelle nous allons exprimer nos convictions politiques». Déjà, il porte un regard critique sur la gouvernance du Président Kaboré. «La gouvernance actuelle ne répond pas aux aspirations de notre peuple», affirme-t-il sans détours. Et le voici qui enfonce le clou : «Si nous devons comparer la gouvernance à un véhicule, je ne dirai pas qu’il est en panne. Mais plutôt que le véhicule n’a même pas encore démarré». Mais il n’y a pas que ça ! Dans cette interview, il passe au scanner la récente démission du ministre de la Culture Tahirou Barry. Et analyse les questions sécuritaires, la récente arrestation de François Compaoré en France, le rapport de la commission d’enquête sur la corruption dans le secteur judiciaire. Mais aussi Blaise Compaoré et l’affaire Thomas Sankara, le dossier du putsch de septembre 2015 et bien d’autres sujets.

Courrier confidentiel : Comment appréciez-vous la démission du ministre Barry du gouvernement ?

Me Ambroise Farama : J’avoue que mon appréciation a évolué entre le 26 octobre et aujourd’hui. Au départ, je pensais à un coup médiatique, mais par la suite, dès qu’il a fait l’objet de censure à la Télévision nationale, j’ai compris que le malaise était profond et que Barry mérite notre soutien. Puis, après son interview réalisée avec le Journal L’Observateur Paalga, je me suis dit : voici enfin un patriote digne ! J’ai donc tenté, sans succès, de le joindre, afin de le féliciter et lui exprimer mon soutien. Je profite donc de l’occasion que vous m’offrez pour le faire.

Je le félicite d’abord pour le travail appréciable qu’il a accompli au ministère de la Culture et pour son refus de se résigner à la lâcheté; et je lui exprime mon soutien amical et fraternel. Car j’imagine bien qu’en ces moments, il fait l’objet de toutes sortes d’attaques et de pressions. Nous ne pouvons pas, sinon que nous ne devons pas abandonner un patriote courageux et visionnaire dans les moments difficiles.

Il affirme, grosso modo, dans sa première déclaration, qu’il en a marre de « voir des millions de jeunes courageux livrés au chômage et au désespoir », « le monde économique végéter dans un immobilisme, faute d’imagination de l’élite dirigeante». Et que « notre capitaine», parlant sans doute du président du Faso, n’agit pas vraiment en faveur de « la satisfaction durable des aspirations des masses ». Il ajoute même que « ces réactions de vieux cow-boy désespéré ont mis au rouge tous nos indicateurs…». Ces raisons vous paraissent-elles convaincantes ?

Quand vous êtes dans un gouvernement ou dans une organisation quelconque et qu’à un certain moment, votre conscience n’est pas en harmonie avec ce qui s’y passe, il est préférable de démissionner. Les raisons avancées par le ministre Barry ne sont pas en soi une révélation. Tout le monde le constate depuis deux ans. Dès les cent premiers jours de la gouvernance de Roch Kaboré, l’opposition politique et certains observateurs de la scène politique avaient fait la même analyse. Les raisons avancées sont donc fondées. Mais que pouvait-il bien faire lorsque le Premier ministre refuse d’en discuter avec lui et que le président de la République refuse de le recevoir ? A sa place, j’aurais pris également la même décision : démissionner.

C’est dommage que nos gouvernants ne soient à l’écoute de leur peuple et des personnes qui peuvent leur dire la vérité. Ils préfèrent la compagnie des médiocres. Pourtant, ce sont ces médiocres qui provoquent la tragédie des peuples.

Vous voulez donc dire que la gouvernance du Président Kaboré est en panne…

Si nous devons comparer la gouvernance à un véhicule, je ne dirai pas qu’il est panne. Mais plutôt que le véhicule n’a même pas encore démarré ; car la panne suppose que le véhicule était en bon état de fonctionnement avant de connaitre un dysfonctionnement.

«Roch la solution» est-il donc devenu «Roch le problème» ?

Roch la solution, c’était un slogan de campagne. Je ne pense pas que lui-même était convaincu d’être la solution aux problèmes du Faso. Personne ne peut être la solution aux problèmes d’un Etat. C’est la politique publique qui est mise en oeuvre qui peut constituer la solution. Et je fais le constat que la gouvernance actuelle ne répond pas aux aspirations de notre peuple.

Vous avez été l’une des figures de proue de l’UNIR/PS. Après votre démission, vous avez annoncé de nouvelles perspectives politiques sans les préciser. Qu’est-ce que vous mijotez dans votre laboratoire politique ?

Non, je n’ai pas de laboratoire politique. C’est vrai que je suis resté jusque-là silencieux, mais je n’ai pas abandonné la réflexion politique. Je réfléchis avec des camarades sur ce qu’il faut faire.

Nous voulons proposer à notre peuple et à l’Afrique un modèle original de développement. Il nous faut définir des stratégies et des tactiques nouvelles de lutte pour conduire le processus d'émancipation de nos peuples.

Nous pensons que les pays africains ne peuvent prétendre individuellement à un développement indépendant vu leurs poids respectifs sur le marché international. Nous entendons donc, dans les semaines à venir, proposer à notre peuple, notre vision panafricaine.

Il se susurre que vous envisagez de créer un parti politique. Qu’en est-il ?

Je dis bien que je poursuis la réflexion avec des camarades. Ensemble, nous déterminerons la forme dans laquelle nous allons exprimer nos convictions politiques.

Un parti politique ? Une organisation de la société civile ?

Non, il ne faut pas devancer l’iguane dans l’eau. Vous le saurez au temps opportun.

Envisagez-vous de participer aux élections en 2020 ?

Je pense que 2020 est encore loin. Nous allons proposer une voie à notre peuple dans les semaines à venir. Attendons donc de voir naitre ce cadre qui appréciera ensuite l’opportunité d’une candidature en 2020 ainsi que le candidat idéal qui pourra porter notre projet de société.

Un rapprochement avec Tahirou Barry ou Zéphirin Diabré ? Ou allez-vous vous rapprocher de l’actuel parti au pouvoir ?

On n’envisage pas de rapprochement avant de créer un mouvement politique. Sinon, pourquoi en créer ? Autant rejoindre directement le parti qui existe. Les rapprochements s’apprécient soit dans une option tactique, soit dans une option stratégique.

Si vous étiez président du Faso, quels leviers auriez-vous activés pour répondre à l’esprit de l’insurrection populaire d’octobre 2014 ?

Le premier levier à activer serait la question de la justice. Justice pour les martyrs de l’insurrection, justice pour les victimes du coup d’Etat. Ne pas leur rendre justice ou ne pas faire de cette justice la priorité, c’est trahir la mémoire de nos martyrs qui sont morts pour libérer notre pays de 30 ans de dictature. Ensuite, l’autosuffisance alimentaire afin d’assurer à mon peuple une alimentation saine et suffisante. Le troisième levier aurait été la création d’emplois. Tous ces milliers de jeunes qui sont descendus dans les rues, ont exprimé leur ras-le-bol face à une politique gouvernementale qui ne répondait pas à leurs aspirations. Enfin, la question de l’eau, de la santé et de l’éducation. Rendre ces besoins sociaux accessibles à tous, améliorer leur qualité et leur efficacité.

De plus en plus de voix s’élèvent en effet pour critiquer le fonctionnement de l’institution judiciaire. Le rapport de la commission d’enquête sur la corruption dans le monde judiciaire, mise en place par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), pourra-t-il, selon vous, créer le déclic nécessaire pour une Justice véritablement au service du justiciable ?

Les difficultés que rencontre l’institution judiciaire sont de plusieurs ordres. La corruption n’est pas le seul mal. Les travaux de cette commission, à eux seuls, ne peuvent donc pas nous garantir une Justice véritablement au service du peuple. Pour obtenir une telle Justice, il faut une véritable refondation de tout notre système judiciaire qui a été calqué sur le système français alors que nos réalités sociales et économiques, nos us et coutumes sont tout à fait différents. Il nous faut un système judiciaire pensé par nous-mêmes et qui tire ses fondements de notre culture.

Bref, j’admets tout de même que cette enquête est une avancée ; il y a quelques années, au temps « des juges acquis », personne n’aurait pensé qu’un tel travail eût été possible. Il faut donc saluer le fait qu’il y ait eu un rapport d’enquête, mais encore faut-il que bonne suite soit donnée à ce rapport. Il ne faut pas ranger ce rapport dans les tiroirs. Il faut sanctionner les fautifs à la hauteur de leurs forfaits. Et éviter évidemment de s’en servir comme moyen politique pour tenter de réhabiliter l’image d’un CSM et d’un gouvernement en déphasage avec les attentes des populations. Les mis en cause ne doivent pas être des boucs émissaires.

Justement à ce sujet, la dernière grosse actualité, c’est l’arrestation, récemment, en France, du frère cadet de l’ancien Président Blaise Compaoré. D’un point de vue judiciaire, quels sont les arguments qui peuvent militer en faveur de son extradition au Burkina ?

Le principal argument, c’est que le Burkina Faso a signé avec la France un accord de coopération en matière de justice. Cet accord prévoit à son article 46 que les Etats partis s’engagent à livrer les personnes poursuivies par l’un des Etats et qui se trouvent sur le territoire de l’autre Etat, mais suivant une procédure bien déterminée. Cette procédure prévoit des voies de recours pour faire échec à l’extradition. Mais je ne pense pas qu’il y ait des arguments juridiques solides pour refuser l’extradition de François Compaoré.

Je constate cependant que l’Etat burkinabè n’est pas prévoyant. A ma connaissance, l’Etat n’a pas constitué des avocats pour soutenir la demande d’extradition. S’il ne s’agit pas d’une simple action de spectacle pour montrer que la Justice travaille, il aurait fallu, dès à présent, constituer également un collectif d’avocats pour soutenir la demande d’extradition. Si cela n’est pas fait, je douterai de la volonté de nos gouvernants d’obtenir véritablement l’extradition de François Compaoré

De façon concrète, vous qui connaissez bien le dossier, quelle est sa responsabilité dans l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et de ses compagnons ?

Attention ! Rappelez-vous qu’en 2003, Me Prosper Farama a été inculpé pour violation du secret de l’instruction alors qu’il était avocat constitué aux côtés de Norbert Tiendrébeogo dans le dossier du putsch manqué. C’est vrai que cette inculpation ne reposait sur aucun moyen sérieux, mais elle avait pour objectif de le faire taire, voire de le radier du Barreau. Heureusement qu’il a toujours été très professionnel. Je ne prendrai donc pas le risque de vous dire de façon concrète ce qui lui est reproché au nom du respect du secret de l’instruction. Mais il y a ce que tout le monde sait : le rapport de la commission d’enquête mise sur pied après l’assassinat de Norbert Zongo et de ses compagnons, a révélé qu’il avait été assassiné en raison de l’enquête qu’il menait sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré ; et que ce sont des agents affectés à la garde de François qui ont torturé à mort David Ouédraogo, et qui auraient commis le crime abominable du 13 décembre 1998. A vous d’en juger et de voir quel peut être sa responsabilité.

L’ex-Premier ministre Yacouba Isaac Zida est également dans le pétrin. Selon le Procureur du Faso, des juges burkinabè devraient se rendre au Canada pour l’entendre dans le cadre du dossier concernant l’insurrection populaire de 2014. Comment appréciez-vous cette démarche ?

Pourquoi parlez-vous d’ancien Premier ministre et non d’ancien président ? Bref, cette démarche me paraît totalement inopportune au stade actuel de la procédure. Il sera entendu en quelle qualité ? Pourquoi les juges n’ont-ils pas demandé à aller entendre Blaise Compaoré qui, lui, est en Côte d’Ivoire, juste à côté? Le juge a-t-il demandé à Zida de comparaitre et que ce dernier a refusé ? Si tel est le cas, nous avons besoin de le savoir. En tout état de cause, nous faisons le constat que ce dossier, après trois ans, n’a pas avancé. Même si Zida n’est pas au pays, il n’est pas le seul à pouvoir éclairer le juge sur ce qui s’est passé les 30 et 31 octobre 2014. Je pense qu’un tel voyage servira à endormir la conscience du peuple en faisant croire que tous les moyens sont mis en œuvre pour parvenir à la manifestation de la vérité et peut-être même à jeter l’anathème sur Zida, alors que de nombreux autres officiers qui ont participé à la répression circulent librement ici.  

Plusieurs d’entre eux ont déjà été entendus par le juge…

Si plusieurs d’entre eux ont déjà été entendus, le juge devrait pouvoir préciser en quelle qualité il veut entendre Zida.

Blaise Compaoré, lui, est empêtré dans l’affaire Thomas Sankara. Est-il techniquement possible pour la Justice burkinabè de l’entendre du fait de sa nationalité ivoirienne ?

Oui, cela est possible. Sa nationalité ivoirienne ne l’empêche pas d’être justiciable des juridictions burkinabè. Il peut décider volontairement de venir répondre des faits qui lui sont reprochés devant la Justice burkinabè. Tout comme il peut être extradé par la Côte d’Ivoire. Et à ma connaissance, l’Etat ivoirien n’a pas rendu officiellement une décision de refus d’extradition. Si elle venait à rendre une telle décision, la Justice burkinabè pourrait demander à ce qu’il soit jugé en Côte d’Ivoire.

Le président ivoirien a déjà affirmé, lors d’une interview, que la Côte d’Ivoire ne livrerait pas ses ressortissants. Pensez-vous vraiment que la Justice ivoirienne jugerait Blaise Compaoré au cas où les juridictions burkinabè en exprimaient la demande ?

Les propos du président ivoirien ne sont pas une réponse officielle. Mais ces propos expriment bien la position politique de la Côte d’Ivoire. Cette dernière n’est pas prête à l’extrader ; je ne pense pas non plus qu’elle soit prête à le juger en Côte d’Ivoire quand on sait le rôle que l’ancien président ivoirien, Felix Houphouët Boigny, a joué dans l’assassinat de Thomas Sankara.

L’adage dit «Souviens-toi de qui t’a fait roi !». Blaise Compaoré, du temps de son règne, avait également apporté un soutien considérable aux rebelles ivoiriens ; ce qui a favorisé l’accession au pouvoir du Président Ouattara. Cela constituera visiblement un blocage. Qu’en pensez-vous ?

Ce blocage est certain. Mais la Justice est patiente. Il finira tôt ou tard par répondre de ses actes. 

Autre sujet brûlant : c’est le procès en perspective du dossier portant sur le coup d’Etat de septembre 2015. Les avocats de Bassolé affirment que la détention de leur client est arbitraire. Comment appréciez-vous cela ?

J’ai toujours défendu la position de principe qui veut que la liberté soit le principe et la détention l’exception. Mais l’inculpé libre ne doit constituer aucune menace pour notre société. La question qu’il convient alors de se poser, est de savoir si un Général mis en cause dans une affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat, s’il est mis en liberté, ne présente pas de danger.

Pour moi, un Général, même affaibli, reste un Général. Je pourrais le comparer à un lion blessé. Il faut donc prendre toutes les mesures pour s’assurer que même libre, il ne puisse pas constituer une menace. C’est ce qui justifie la résidence surveillée qui est une mesure parfaitement légale.

L’avocat du Général Diendéré, considéré comme le chef des putschistes de septembre 2015, affirme que son client «n’a pas fait de coup d’Etat» et qu’il n’a fait qu’assumer des actes enclenchés par des sous-officiers. Cela vous parait-il raisonnable ?

(Rire). Lorsqu’on assume des actes posés par des subalternes, on soutient ces actes. Et le fait d’y apporter un soutien, qu’il soit actif ou passif, est une participation à la commission de l’infraction. Il n’a donc pas à crier au scandale.

Depuis quelques années, le Burkina est l’objet d’attaques terroristes. Comment peut-on, selon vous, organiser efficacement la lutte contre le terrorisme ?

Une chose est évidente : nous ne pouvons pas gagner la lutte contre le terrorisme par les armes. Si les Etats les plus puissants au monde ne sont pas parvenus à vaincre le terrorisme par la force, ce n’est pas nous, moins armés que les terroristes, qui allons y parvenir.

Il faut impérativement s’attaquer aux causes du mal. Au Burkina Faso, la cause n’est pas religieuse ; elle est sociale et économique. Pour s’en convaincre, il faut s’interroger : Qui sont ceux qui rejoignent les groupes que nous appelons aujourd’hui « groupes terroristes » ? Ce sont les laissés-pour-compte de nos sociétés. Ce sont des personnes victimes des politiques sociales de nos gouvernants, victimes des inégalités sociales, de la discrimination et de l’injustice. Ces personnes n’ont d’autres moyens de s’exprimer que par la violence.

Il faut donc travailler à réduire le fossé entre les pauvres et les riches, assurer une meilleure répartition des ressources du pays entre le Nord et le Sud, les villes et les campagnes ; mettre fin à l’injustice sous toutes ses formes. Cela va contribuer à faire disparaitre les causes des violences et assurer la paix sociale.

Tant qu’il y aura des marchands d’armes, et des personnes qui se sentent marginalisées, ce fléau ne pourra pas disparaitre.

Le G 5 Sahel vous parait-il alors comme un «machin» ?

Encore une autre arnaque. Je conviens que l’union fait la force, mais comment se fait-il que des Etats indépendants se trouvent obligés de recourir à leur ancien colonisateur, la France, pour faire entendre leur cause à l’ONU ? Pourquoi c’est la France qui porte la voix de ses anciennes colonies ?

Qu’elle est la contribution financière de nos Etats ? Où ira l’argent que nous allons utiliser pour nous armer ? Encore à l’Occident, chez les vendeurs d’armes. C’est un cercle vicieux, un marché de dupes dans lequel nos maigres ressources seront utilisées pour enrichir les usines de fabrication d’armes et de munitions en Europe. Il nous faut mettre fin à cette tutelle avilissante, car l’indépendance rime avec responsabilité.

Selon un communiqué publié récemment par le ministère de la Défense, nos soldats ont abattu, dans le Nord du pays, plusieurs terroristes. Il y a tout de même des signes d’espoir…

Quand je compare ces résultats au nombre de soldats et de citoyens tués, quand je pense aux populations abandonnées à elles-mêmes, je n’ai pas le sentiment qu’il y a des signes d’espoir. Bien au contraire, je suis inquiet.

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?

« Le marxisme devant les sociétés africaines contemporaines » de Babacar SINE.

Quelle idée force en avez-vous retenue ?

L’Afrique, du fait qu’elle est une entité socioculturelle spécifique, n’est pas faite pour entrer dans la camisole d’un modèle politique conçu en Europe sur la base des réalités européennes. Nous devons donc oser inventer notre modèle politique à partir de l’étude scientifique des réalités africaines. Et c’est à cet exercice difficile mais passionnant que je m’adonne.

Propos recueillis par Hervé D’AFRICK

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