Nous sentant
concernés au premier chef par l’une de vos publications (cf. CC 227 du 25 février 2021)
ayant pour titre « Gestion du Marché Central (SGM), il (Président du
Comité de Gestion) fait passer ses indemnités de 116 349 F CFA à 586 321
francs » , nous avons tenu à vous apporter les éclairages suivants
pour vous-mêmes et aussi pour vos lecteurs.
En vérité, c’est plutôt le
Directeur de la SGM de l’époque, ordonnateur des dépenses (article 17 des
statuts), donc décideur financier, qui en 2016 avait déterminé comme indemnités,
selon l’article 11 des statuts, le montant de 116 349 F CFA pour la
personne du Président du Comité de Gestion (PCG), alors que l’ex-Président du
Comité de Gestion percevait comme indemnités, la somme de 462 070 F CFA au
lieu de 116 349 F.CFA. En 2017, le même Directeur a déterminé, de concert
avec les chefs de service, une nouvelle grille faisant donc passer les
indemnités du Président de 116 349 F CFA en 2016 à 586 321 F CFA en
2017 (la signature de l’ordonnateur des dépenses sur les états financiers prime
sur celle du Président), montant pris en compte par le budget de l’exercice
2017, lequel budget a fait l’objet d’approbation par le Comité de Gestion,
organe d’approbation des comptes prévisionnels, selon l’article 9 des statuts.
Les
états financiers correspondants au budget de l’exercice 2017 ont également fait
l’objet de validation par le Commissaire au compte, le Cabinet Georges Ouattara
(principe d’intangibilité à respecter). Il est à préciser également que le
Maire de la Commune de Bobo-Dioulasso avait saisi le Tribunal Administratif de
Bobo-Dioulasso sur la question du montant de ces indemnités et le Tribunal, à
travers le jugement n° 30/2019 du 28/03/2019, avait rejeté la demande du
maire pour la simple raison que la SGM est autonome vis-à-vis du maire.
Vous
devez aussi savoir que le marché central
de Bobo-Dioulasso et le marché des fruits et légumes ont fait l’objet de
contrat de délégation de service public sous forme de concession sur 25 ans, géré
par les commerçants (privés) à travers la SGM (personne morale de droit privé, jouissant de l’autonomie
financière et de la personnalité morale distincte de celle de la commune, dotée
de capital social privé et d’un droit au bail suite à la remise de 1,6 milliard
FCFA à la commune par les commerçants pour le financement du solde de la
réhabilitation du marché central, créée
par l’expression de la volonté de l’AFD, la Commune, les Commerçants et non par
l’expression de la volonté de la commune seule, et créée également conformément
aux engagements de délégation de gestion de service public pris par la commune
dans le cadre de la convention de financement signée avec l’AFD et non conforme
aux décrets de création des Etablissements publics locaux, toute chose faisant
que son fonctionnement n’est nullement régi par lesdits décrets mais plutôt par
les statuts, la convention de financement signée avec l’AFD et le contrat de
délégation de service public géré par une personne privée …) et de ce fait, ces deux marchés ne sont donc par sous la tutelle
du Conseil Municipal (il n’y a pas de tutelle sans texte).
La nature juridique
réelle de la SGM est plutôt une Structure de délégation contractuelle de
service public (marché) sous forme de concession sur 25 ans (2001-2025) gérée
par une personne morale de droit privé (commerçants) et non par une personne
publique (commune).
Pour le Comité de
Gestion de la SGM,
Dr Ibraïma TRAORE,
Président du CGM de la SGM